Ma ville

Huile - 2000
Quand on est jeune, on ne pense qu'à une chose ; quitter le trou où on est né. Les souvenirs de gosses quand on rentre dans le monde des grands, on en a plus besoin.
Et puis cet air de Cabrel que j'ai fredonné à l'âge de 16ans où je rêvais d'un Ailleurs.
Ma ville est triste
Cent mille personnes et personne n'existe
Des courants de monnaie traînent mille fantômes
Comme un seul homme
Ma ville est grise
Des couloirs de béton aux porches des églises
Tout deviendra si noir qu'il n'y a plus de remède
Ma ville est laide
Puis on devient grand, on revient dans sa ville pour rendre visite à ses parents. On y fait les courses parcequ'on est dans le coin et soudain, on retrouve des repères qu'on croyais oubliés, disparus. Une vieille dame qui nous reconnait, une colline où les enfants continuent à jouer, un banc ou les ados continuent à fumer leur première cigarette.
Et demain, demain si tu veux
Tout demain, tout demain tous les deux
On refera ma ville...
Maintenant je pourrais m'imaginer sans peine, vieillir dans cette ville que je trouvais laide…
Demain nous allons visiter (re-visiter pour ma part) une maison dans cette ville où j’ai grandit. Plus que la maison, c’est le quartier qui me plait ou peut-être était-ce le jardin innondé de soleil qui m’avait séduit lors de ma première visite il y a deux semaines. Les petits oiseaux s’étaient rassemblés pour chanter en coeur une douce mélodie dans le seul but de m’amadouer. Le gazon avait pour l’occasion coiffé sa belle chevelure d’un vert resplandissant, les vivaces plantées avec amour et soin me lancaient leurs douces odeurs aux narrines.
La maison ? Presque secondaire, elle était là au milieu du jardin parcequ’il fallait bien une maison...
J’ai été victime d’un complot, je le sens...
Demain tout me semblera différent sous la pluie, je ne me laisserai plus avoir...