Je ne suis pas de nature agressive au volant mais j'avoue que j'ai tendance à commenter la conduite des autres.
Il faudrait toujours faire attention à ce que l'on dit en présence des enfants. Lucy a un vocabulaire très développé pour ses trois ans... elle comprend juste les choses à sa mannière, et c'est tellement plus mignon...


Huile - 2000
Quand on est jeune, on ne pense qu'à une chose ; quitter le trou où on est né. Les souvenirs de gosses quand on rentre dans le monde des grands, on en a plus besoin.
Et puis cet air de Cabrel que j'ai fredonné à l'âge de 16ans où je rêvais d'un Ailleurs.
Ma ville est triste
Cent mille personnes et personne n'existe
Des courants de monnaie traînent mille fantômes
Comme un seul homme
Ma ville est grise
Des couloirs de béton aux porches des églises
Tout deviendra si noir qu'il n'y a plus de remède
Ma ville est laide
Puis on devient grand, on revient dans sa ville pour rendre visite à ses parents. On y fait les courses parcequ'on est dans le coin et soudain, on retrouve des repères qu'on croyais oubliés, disparus. Une vieille dame qui nous reconnait, une colline où les enfants continuent à jouer, un banc ou les ados continuent à fumer leur première cigarette.
Et demain, demain si tu veux
Tout demain, tout demain tous les deux
On refera ma ville...
Maintenant je pourrais m'imaginer sans peine, vieillir dans cette ville que je trouvais laide…
Demain nous allons visiter (re-visiter pour ma part) une maison dans cette ville où j’ai grandit. Plus que la maison, c’est le quartier qui me plait ou peut-être était-ce le jardin innondé de soleil qui m’avait séduit lors de ma première visite il y a deux semaines. Les petits oiseaux s’étaient rassemblés pour chanter en coeur une douce mélodie dans le seul but de m’amadouer. Le gazon avait pour l’occasion coiffé sa belle chevelure d’un vert resplandissant, les vivaces plantées avec amour et soin me lancaient leurs douces odeurs aux narrines.
La maison ? Presque secondaire, elle était là au milieu du jardin parcequ’il fallait bien une maison...
J’ai été victime d’un complot, je le sens...
Demain tout me semblera différent sous la pluie, je ne me laisserai plus avoir...
Deux petits yeux noirs, une petite bouche qui monte, des cheveux noirs très courts, des joues rouges, une robe avec des poches pour mettre les mains dedans et des collants rayés... voilà la description que m'a faite Lucy de son ami Costillon. Il est mignon, n'est-ce-pas ?!...

Je crois que je ne vous ai pas encore raconté que nous avons recueilli chez nous un petit enfant abandonné par ses parents. Il a bien une maman mais celle-ci ne semble pas s’en occuper.
Un mercredi, alors que Lucy s’ennuyait, elle m’a demandé si elle pouvait ouvrir la porte à son ami qui avait sonné. Je n’avais pas entendu la sonnerie mais je lui ai dit que son ami était le bienvenu. Elle a courru dans les escaliers, a descendu les deux étages et est remontée tenant par la main son ami.
Elle lui a fait visiter tout l’appartement, lui a expliqué où était le pot pour faire pipi mais que maman l’aiderait à monter sur les toilettes s’il le désirait. Elle lui a montré la salle de bain, le petit tabouret pour être assez grand pour se laver les mains tout seul, sa chambre avec tous les jouets, le canapé pour boire le biberon du soir. Elle lui a même expliqué le fonctionnement du magnetoscope pour voir les cassettes de Winnie l’Ourson. Je n’y ai pas vraiment preté attention puisque je ne me doutais pas ce jour là que ce petit bonhomme allait bientôt faire parti de la famille.
Il n’est pas bien épais cet enfant, mais chez nous il a bon appétit et fini souvent les légumes dont Lucy ne veut plus. Il est léger comme une plume, Lucy le porte à bout de bras sans effort.
Ils ne se disputent jamais, deux vrais petits amours, toujours d’accord sur tout. Quand ils discutent ensemble d’un sujet important, Lucy finit par dire « t’as vu maman, Costillon il a la même voix que moi ».
Oui, vous avez bien lu, il s’appelle Costillon. Drôle de nom quand même, mais on s’y fait...
Il a toujours la même robe, avec des poches, et des collants rayés. En fait Costillon est une fille, enfin je n’en suis pas certaine puisque Lucy dit que c’est son « meilleur copain de toute la journée ».
Il a trois ans et va déjà à l’école, mais pas tout le temps.
Voilà tout ce que je sais de lui. Pas grand chose en fait. Quand il est triste, c’est Lucy qui me le fait savoir. Je le prends alors dans mes bras pour lui faire un gros calin sous l’oeil approbateur de ma fille d’habitude si jalouse des autres enfants.
Vous l’avez deviné, Costillon est l’ami imaginaire de Lucy, depuis presque un mois.
Il fait tellement parti de la famille que l’autre jour au supermarché je me suis tournée vers Lucy et je lui ai dit, « allez, venez vous deux !». Une dame m’a regardé bizarrement.
Ben oui quoi ? J’y peux rien si cette dame est incapable de le voir. Pourtant il existe bien, Costillon...
Je vous avais déjà dit que la voiture était pour moi un endroit privilégié pour réffléchir, à moins d'y installer à l'arrière miss piplette en chef qui se charge de me distraire. Notre nouveau jeu est de regarder les panneaux de signalisation. Oh un rectangle, ah un triangle, oooh redade maman, un losange... c'est quoi ce losange ?... Euh, je ne sais pas ma chérie...
Heureusement, la grande soeur de Lucy passe le permis et m'a rafraîchi la mémoire concernant ce fameux losange. Elle a passé le permis ce matin et recevra la réponse par courrier. Bonne chance !!!!







